L’ode au Thé de Lu Tung

« La première tasse humecte ma lèvre et mon gosier. La deuxième rompt ma solitude. La troisième pénètre dans mes entrailles et y remue des milliers d’idéographies étranges. La quatrième me procure une légère transpiration, et tout le mauvais de ma vie s’en va à travers mes pores. A la cinquième tasse, je suis purifié. La sixième m’emporte dans le royaume des immortels. La septième ! Ah ! la septième… mais je ne puis en boire d‘avantage ! Je sens seulement le souffle du vent froid gonfler mes manches.
Où est Horaisan ( le paradis chinois) ? Ah ! laissez–moi montez sur cette douce brise et qu’elle m’y emporte ! » 


de Lu Tung, poète chinois du 9e siècle, cité dans Le livre du thé de Okakura Kakuzo